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| Dossier lu dans la version papier de | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| N’Djaména bi-Hebdo n° 1000 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 10
janvier 2007 |
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| Guidingar Berassidé | Nassar Baloa | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Tchamame Nargagne Kriga | Kalaya | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Nous aurions aimé continuer ensemble notre parcours semé
d’embûches. Hélas, la vie en a autrement décidé
pour eux, toutefois nous ne saurons comment les oublier, tant ils ont
marqué la rédaction.
Mercredi 12 août 1992. C’est la première fois que trois jeunes confrères et moi reçus à un test organisé par N’Djaména Hebdo assistons à une conférence de rédaction. La plupart des journalistes assis autour du marbre me sont inconnus. Une silhouette parmi eux attire mon attention. Entre le sujet de mon attraction et le personnage principal d’une célèbre bande dessinée, Lucky Luke, la ressemblance est grande à la seule différence que le vis-à-vis est noir et de taille élancée. A la présentation, j’apprendrai que le sieur en question s’appelle Tcha, de son vrai nom, Tchamame Nargagne Kriga. Tcha est le seul à tenir son crayon par la main gauche. Moins bavard que les autres journalistes qui défendent à cor et à cri les sujets de leurs reportage ou enquête, Tcha note pratiquement tout ce que les autres débitent. Par la suite, je découvrirai en Tcha un artiste plein de talents et d’humour, jouant en même temps au sein de la rédaction le rôle de maquettiste, de caricaturiste et de billettiste. Un génie en somme que la mort a arraché à ses fans à fleur de l’âge alors qu’il quitta NDJH en 1993 pour prêter main forte à un confrère naissant, le journal Le Temps. A la rédaction, Tcha avait son alter ego, Kalaya, qui le remplaça immédiatement à la maquette. Docteur K. ainsi se fait-il appeler, avait été mon initiateur à la programmation assistée par ordinateur. Les deux hommes ont des traits communs. Ces deux génies aimaient être payés à la tache en tant que pigistes. Je me rappelle encore de cette soirée où, DK, m’invitant à assister à la préparation du chemin de fer d’un numéro du journal, s’était assoupi sur une table sans rien me montrer jusqu’au petit matin. Le sachant fatigué, j’ai dû faire le travail pour lequel il m’a convié. Mal m’en a pris. Au vu de ce que je lui ai présenté à son réveil, il me traita de tous les noms d’oiseaux, parce qu’il ne m’avait pas autorisé. Il craignait que le stagiaire que j’étais pourrait gâter la machine. Curieusement, à la réunion, ma surprise sera grande de le voir se justifier devant le rédacteur en chef avec les pages que j’ai montées. A l’issue de la réunion, DK m’invite dans un café pour me féliciter. Une note de service me confirme comme son assistant deux jours plus tard. Maquettiste, DK supplantait le plus souvent les secrétaires de rédaction dans le charcutage des articles. Quand il les trouvait longs pour un encombrement spécifié, il n’hésitait pas à prendre les ciseaux. Les rédacteurs de NDJH et du journal Contact où il a travaillé en savent quelque chose. Tout comme Tcha, DK également s’en est allé plus tôt que prévu. Jamais deux sans trois. L’acolyte des deux était le sergent de l’armée de l’air Mangué Louis René. MLR avait tout son art au bout de sa plume. A la différence de Tcha, dont les caricatures avaient un trait plus philosophique, celles de MLR mettaient à nu le comportement des hommes politiques et de la société. Alors Premier ministre, le Dr Kascou, peint dans l’un des chefs d’œuvre de MLR titré La chèvre broute là où elle est attachée, s’en souviendra encore longtemps. A la parution de cette caricature dans le journal, le Dr Kascou qui a piqué une colère bleue aurait même conseillé au président Idriss Déby des mesures à prendre contre le journal. Des barbouzes de la Primature de l’époque avaient rodé autour du siège du journal pour identifier l’indélicat caricaturiste. Et cela n’a rien entamé au courage de l’artiste, qui a continué à meubler la Une du journal même couché sur son lit de malade, jusqu’à ce que la mort l’arrache en 1999. GB
complice des trois Nass,
l’intrépide |
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| Mangué Louis Rene | Djimadoum Sosthène Ngarngoune | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Madjirangar Fackir Kanassawa | Béyem Roné et Gatanga | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
La
plupart des collaborateurs externes de la rédaction appartenaient
aux médias d’Etat. Ceux-là que nous pleurons entre
ces lignes ont exercé à NDJH leur véritable talent
journalistique, du fait que le champ d’expression leur est assez
limité dans les organes publics. En rappel, dès l’avènement
du Mps au pouvoir en 1990, ces confrères avaient signé
des articles sous leurs vrais noms. "Sans vergogne, ils tentent
de se replace", fut le titre d’un article paru dans le n°
10 du journal et signé par le défunt Madjirangar Fackir
Kanassawa. Dans cet article, l’auteur décrivait les micmacs
des pontes du régime Habré qui tentaient de changer de
veste à l’arrivée du Mps. Mais au fil du temps,
nombre parmi ces confrères, pour ne pas s’attirer les foudres
du pouvoir, ont choisi écrire sous des pseudonymes. Leur état
de fonctionnaires oblige. C’est ainsi que Madjirangar Fackir Kanassawa
a troqué sa plume à Ratangar Pierre. Le défunt
Béyem Roné, très connu par sa rubrique Dialogue
fiction Laou et Kréo, lui, est devenu Ezéchiel Oner tandis
que Pascal Chrétien n’était autre que Sosthène
Madjadoum Ngarngoune. Peu d’autres, comme Maxime Kladoumbaye ont
gardé leur véritable identité dans le journal jusqu’à
leur dernier souffle. Enfin, un autre collaborateur, peu connu des lecteurs
et dont le rôle au sein de la rédaction n’est pas
de moindre importance était Gatanga. Fraîche à nos
mémoires l’image de Gata qui, de son stylo rouge, s’évertuait
à chasser les coquilles des copies des rédacteurs. Fauché
par la maladie, Gata n’aura pas eu assez de temps à réveiller
de ses historiettes ses collaborateurs épuisés. Que ceux-là qui ont marqué de leur existence la vie de NDJH, trouvent ici les hommages mérités du journal. |
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| Djéndoroum Mbaïninga. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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